Nicolas Bedos, au bord du gouffre, souffrance – intimité jetée en pâture !

5822

A peine son père a rejoint sa dernière demeure que ses dernières volontés sont révélées. Le philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy revenait sur ce départ anticipé de l’humoriste.

La première moitié de l’année a été particulièrement éprouvante pour Nicolas Bedos. D’abord la crise sanitaire qu’il a très mal vécu, notamment par le fait d’être maintenu confiné dans un « flou artistique », puis il y a eu le décès de Guy Bedos, son père, le 28 mai 2020. Le 9 juin dernier, Bernard-Henri Lévy revenait sur la disparition de ce dernier dans C à vous, l’émission d’Anne-Elisabeth Lemoine sur France 5.

Bernard-Henri Lévy dit comprendre

«Je ne supporte pas cette idée de confinement et ne comprends pas l’humanité dans laquelle nous sommes entrain d’entrer. Je ne me reconnais pas dans ces règles qu’on m’impose », affirmait l’essayiste sur le plateau d’Anne-Elisabeth Lemoine. Il concluait en disant : « Si j’avais le sentiment qu’on va vraiment s’installer là-dedans, que ça va être l’état normal de l’humanité, je lâcherais peut-être. Comme Guy Bedos je me dirais que ça ne vaut pas la peine ».

« Tu es parti jeudi à 16h30. Il fallait que tu partes, tu as voulu partir, en homme révolté que tu es, tu as fait une grève de la faim pour que ça s’arrête. Que cette confusion mentale cesse, que ce brouillard dans ta tête disparaisse », notait sa fille Victoria Bedos, dans une lettre poignante publiée le mercredi 3 juin dans Paris Match. L’humoriste à la retraite, isolé durant le confinement, avait baissé les armes. A la fin, il avait refusé de s’alimenter.

« On t’envole en Corse, dans ce village qui te rendait un peu ta Méditerranée d’Alger. On va chanter avec Izïa et les Tao, du Higelin, du Trenet, du Dabadie et du Nougaro. On va t’faire des violons, du mélodrame a capella : faut pas mégoter son chagrin à la sortie d’un comédien », révélait Nicolas Bedos sur le ton que prendrait ces obsèques en Corse dans une lettre lue sur France Inter. Quelques jours plus tôt se déroulait à l’église de Saint-Germain-des-Prés la cérémonie religieuse.

Le confinement, un mal ?

« C’est en partie à cause du confinement que Guy Bedos a cessé de se battre. Privé de ses enfants, de la prunelle de ses yeux, il ne voyait plus l’intérêt de vivre », rapportait Voici. Sa famille, elle, a compris. « On a accepté, on n’a pas lutté contre ta dignité », confiait Victoria Bedos. Un sentiment que Bernard-Henri Lévy affirme trop bien comprendre : « Cette vie-là à perpétuité… Honnêtement je comprends Guy Bedos »

« Non, le remède n’est pas pire que le mal, mais il aurait pu être meilleur, mieux pensé, mieux calculé », déclarait Bernard-Henri Lévy au sujet du confinement,  lors de l’entretien qu’il accordait à Soirmag, dans le cadre de la promotion de son livre Ce virus qui rend fou, paru aux éditions Grasset, et dans lequel il analyse la manière dont la société a réagit face à l’épidémie de coronavirus. « Que les humoristes n’aient pas ri, qu’on n’ait pas assisté à une épidémie de moqueries est symptomatique », soutient-il.

« J’ai parlé à la femme de Guy Bedos, qui l’a accompagné jusqu’à la fin. Il disait d’après elle, que cette vie-là lui était insupportable, que ce monde n’était pas pour lui », a ajouté le philosophe. « Ce monde où l’on ne se serre plus la main, où l’on vous dit que, pour être solidaire d’autrui, il faut s’en méfier, il ne l’intéressait plus », poursuivait-il au sujet de l’humoriste atteint de la maladie  d’Alzheimer qui, à 85 ans a choisi de déposer les armes pendant qu’il en avait encore la capacité.

Nicolas Bedos évoque sa vision du confinement

 « Pourtant, dés Noël, un masque sur le nez, la pharmacienne de mon quartier nous avait mis en garde : « on va tous se le choper, dépêchez-vous de finir votre tournage en Afrique parce que le monde va s’arrêter ». Je m’étais dit, philosophe à la noix : « Décidément, celle-là, faut qu’elle se prescrive du Prozac à elle-même, elle fréquente beaucoup trop de vieilles bourgeoises neurasthéniques »

Confiné juste après la fin du tournage d’OSS 117, Nicolas Bedos, amoureux de littérature, faisait sa description du confinement dans une chronique intitulée Splendeur et misère du confinement, relayée par le magazine L’Express. Il évoquait ainsi les médias, « Ce qu’on entendait, on l’attrapait, par simple transmission de BFMTV », ou encore le président et « son jeu toujours foireux d’élève au cours Florent ».

Et il n’avait pas manqué de s’en prendre aux artistes, « ces comédiens et ces chanteurs transformés en vedettes de cuisine et qui, ne sachant plus comment épancher leur soif des autres et de triomphe d’eux-mêmes, se retrouvent, à toute heure, en selfie continu, bien en peine de substituer leur stades complets d’antan par des compteurs de likes. ». Une pique qui avait entrainé la réaction de Benjamin Biolay, puis une belle querelle entre amis.